Des SIG aux ontologies géographiques
Nadine Cullot* — Christine Parent** — Stefano Spaccapietra*** — Christelle Vangenot***
* Laboratoire LE2I, Université de Bourgogne, France
Nadine.Cullot@u-bourgogne.fr
** HEC-INFORGE, Université de Lausanne, Suisse
Christine.Parent@unil.ch
*** Laboratoire de Bases de Données, Ecole Polytechnique de Lausanne, Suisse
{Stefano.Spaccapietra, Christelle.Vangenot}@ep?.ch
RÉSUMÉ :
L’évolution des technologies et d’Internet suscite un besoin croissant de partage d’informations sur le Web qui passe par la compréhension des informations mises à disposition et une automatisation des processus de navigation, d’extraction ou de mises à jour de ces informations. L’information géographique n’échappe pas à ces nouveuax besoins. Une réponse prometteuse à ces objectifs est le développement d’ontologies. Les ontologies permettent la spéci?cation de connaissances agréées par une communauté de personnes et partageables sur le Web.
Ce partage nécessite la représentation de la sémantique des informations a?n de les rendre compréhensibles à une communauté d’utilisateurs relativement à un domaine ou à une activité. Plusieurs modèles ont été développés pour la modélisation des ontologies qui trouvent leurs fondements dans des domaines comme l’intelligence arti?cielle, la représentation des connaissances ou les bases de données. Les logiques de description et les outils d’inférences afférents connaissent un nouvel essor pour la modélisation des ontologies. Les modèles conceptuels de bases de données étendus sont aussi une voie prometteuse. L’information géographique est actuellement le parent pauvre de ce foisonnement et les ontologies spatiales restent à construire.
Cet article s’attache tout d’abord à décrire les besoins spéci?ques des ontologies en terme de modélisation et d’interrogation pour l’information géographique. Puis une étude comparative des modèles basés sur la logique de description et des modèles conceptuels de bases de données s’attache à montrer les forces et les lacunes de chacune de ces approches et les aspects requêtes sont présentés. En?n le besoin de caractéristiques temporelles et multi-représentation est discuté.
Bien-être social et intégrité écologique : une approche du développement durable à l’île de la Réunion
Les territoires supportent inégalement les activités humaines. Or, depuis les révolutions industrielles, l’homme met en péril les ressources aquatiques, atmosphériques et terrestres tout en augmentant l’incertitude au sujet du bien-être social actuel et futur.
La célèbre phrase du rapport Brundtland « Satisfaire les besoins des générations présentes, sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire les leurs » cristallise ainsi autour du développement durable les principes d’équités intra et intergénérationnels qu’auront désormais à adopter les politiques et les citoyens.
Une ville, une région, un pays qui voudrait mener une action durable, intègre désormais une réflexion au sujet des outils de mesures, d’observations et d’analyse du milieu tout en favorisant la diffusion de l’information environnementale auprès du public. L’objectif final étant de réaliser le mythe holistique du : « penser global, agir local ».
Les diverses échelles de la politique territoriale ont à réagir, en théorie, aux variations spatiales de la durabilité ou de la précarité d’un territoire. Cette recherche aura pour objectif d’établir une approche, à la Réunion, des variations spatiales du développement durable en analysant les relations qu’il existe entre bien-être social, qualité de vie et intégrité écologique.
Mots Clefs : Ile de la Réunion, Développement durable, Indicateurs, Bien-être social, Intégrité écologique, Systèmes d’Informations Géographiques, Territoires.
Cadre de l’étude :
En juin 1992, avec l’Agenda 21 (UN, 1992), le Sommet international de Rio pose des objectifs à atteindre pour un monde durable. La France et l’Europe aménagent largement leurs stratégies en fonction des nouvelles exigences de développement (Convention d’Aarhus (1998), Conseil européen de Göteborg (2001), LOADDT (loi d’orientation pour l’aménagement et le développement durable du territoire), CNDD (Conseil National du développement durable), CIDD (Comité Interministériel pour le Développement durable), Livre Blanc, etc.). De plus les documents d’urbanisme et de planification (SDRIF, SRADT, PADD, SCOT, PLU, etc.) devraient désormais prendre en compte la conception et la gestion durable des urbanisations et du développement économique et social en général, pour une nouvelle organisation du territoire.
Un volet important de l’Agenda 21 encourage l’élaboration d’indicateurs du développement durable afin de solidifier les bases des prises de décision à toutes les échelles territoriales et pour conduire une autorégulation de la durabilité des écosystèmes et du développement économique et social. Les Nations Unies, en 1996, ont fait des propositions générales d’indicateurs et l’IFEN (Institut Français pour l’Environnement) livre, en 2003, une liste de 45 indicateurs pour décrire le développement durable dans le cadre français (IFEN, 2003). Ces indicateurs situent la France dans le concert mondial et établissent des modules d’observation du DD sur le territoire.
La Réunion institutionnalise également la durabilité au travers d’actions telles que l’Agenda 21 de la Région, le Parc National des Hauts, le Conservatoire Botanique et la Maison des Civilisations. L’île montre un engagement grandissant pour préserver sa culture et son environnement, en assurant son développement économique. Son statut de petit territoire insulaire et volcanique donne par ailleurs une identité particulière à son développement au regard de la sensibilité de son milieu et de son besoin d’échange avec l’extérieur.
De nombreux défis attendent les Réunionnais pour préserver leur environnement (dépolluer les sols, les eaux superficielles et les aquifères, préserver les milieux marins et les récifs coralliens, maintenir la biodiversité et l’équilibre des écosystèmes -en particulier endémique-, freiner l’érosion des sols, préserver les populations des risques naturels). Le bien-être social est également au centre des préoccupations au travers de l’éducation, la culture, la santé, l’emploi, les économies solidaires, le tourisme vert, le recyclage des déchets, l’énergie et les transports alternatifs. L’élaboration d’outils performants d’observation et d’analyse du territoire fait écho à cet accroissement des besoins en informations environnementales, économiques et sociales que connaissent nos sociétés.
Dans cette optique, nous envisagerons le développement durable comme une interaction positive, dans le temps, entre bien-être social et intégrité écologique. L’étude spatiale mettra en valeur, au niveau d’unités écologiques pertinentes, les types de relations qu’entretiennent les hommes avec le territoire (Table 1). Les unités écologiques devraient être retenues parce qu’ultimement le bien-être social relève des ressources naturelles et de la viabilité des écosystèmes.
Bien qu’aucun consensus scientifique n’existe sur la manière de décrire et mesurer le bien-être social et l’intégrité écologique, des outils statistiques partiels pourront être extrait de la littérature, sollicités auprès des organismes de recherche ou des collectivités territoriales. Un Système d’Information Géographique sera créé pour explorer les relations statistiques et spatiales entre les données choisies. Leurs agrégations au sein de la base de données pourront faire l’objet de plusieurs niveaux d’analyses en fonction de l’échelle spatiale ou temporelle choisie. Nous compléterons l’analyse quantitative par une approche qualitative qui intègre les travaux de terrains et les lectures théoriques.
Source: Odum, E. O., 1983. Basic ecology. Saunders, New York.
- Mutualisme Bénéfice pour les 2 et totale dépendance entre eux
- Coopératif Bénéfice pour les 2 et indépendance entre eux
- Commensalisme Bénéfice pour l’un d’eux, l’autre n’est pas affecté (pas pire)
- Pas d’interaction/Neutre Aucun des deux n’affecte l’autre
- Amensalisme Un des deux est inhibé par l’autre qui lui n’est pas affecté
- Prédation/Parasitisme Un des deux bénéficie de l’expansion de l’autre
- Compétition Les deux s’inhibent l’un l’autre directement on indirectement quand une ressource commune est limité
Table 1 : Exemple d’interactions possibles entre les hommes et les systèmes écologiques.
Méthodologie :
- L’approche épistémologique envisagera la transformation historique des relations entre l’homme et la nature. Cela nous amènera à engager une réflexion éthique sur les notions de développement et de progrès au regard des inégalités entre les territoires. De quelle manière l’île s’inscrit dans la dynamique globale ?
- La définition du développement durable demeure floue : « Un principe économique, un but politique, une pratique sociale et une ligne morale. » (Blowers, 1997, p.846). Nous discuterons des outils statistiques existants pour décrire le développement durable (Indicateurs synthétiques de bien-être, bio-indicateurs par exemple) et les spécificités environnementales, économiques et sociales à retenir dans le cadre réunionnais.
- L’agrégation des données au sein d’un Système d’Information Géographique se fera principalement au niveau des unités écologiques ; bien qu’à d’autres niveaux les résultats puissent s’avérer différents. Nous caractériserons ainsi spatialement la pression positive ou négative que l’homme peut avoir sur le milieu. La distribution spatiale de la durabilité ou de la précarité des territoires fournira les bases d’une première analyse qui devrait nous éclairer sur les relations qu’entretiennent les territoires entres eux.
Bien qu’il existe des obstacles épistémologiques (ou cognitifs) au changement d’échelle, nous intègrerons cette perspective au propos afin de montrer le caractère contextuel du développement durable. L’analyse pourra alors resserrer son champ à des bassins versants en particulier ou des écorégions; focalisant son attention sur des zones urbaines, industrielles ou agricoles et des espaces naturels sensibles.
- Le type de relations entre deux espèces vivantes est caractérisé, dans le champ de l’écologie, par des termes tels que mutualistes ou coopératifs pour décrire des relations positives et amensales ou parasitiques pour exprimer des conditions négatives (Table 1). Troyer suggère en 2002 de caractériser ainsi la durabilité ou la précarité des relations entre les sociétés humaines et les systèmes écologiques.
La méthode fournira des bases conceptuelles à l’étude du DD à la Réunion. Elle possède cependant ses limites en confrontant uniquement l’homme au reste de l’environnement, dans un temps donné.
- L’observation du développement durable intègre également une compréhension plus grande des dynamiques temporelles. Les interactions entre les hommes et l’environnement peuvent changer dans le temps car celles-ci se développent au travers de changements de conditions ou de différentes étapes d’évolutions. Le développement durable à l’échelle d’un bassin versant pourra être constaté lorsque des relations mutualistes, coopératives ou commensales entre bien-être social et intégrité écologique pourront être détectées au cour du temps (Figure 1).
Dans le futur, l’approche chronologique (linéaire) habituelle devra être complétée, indiquent Thériault et Claramunt en 1999, par un paradigme historique capable de reproduire l’ordre des faits, l’imbrication des processus qui les ont engendrés, aussi bien que leurs conséquences, afin de reconstituer les réseaux d’évènements dans la base de données des SIG qui intègreront les dimensions temporelles.
Figure 1 Coopératif, mutualiste ou commensal peuvent être des types de développement durable ou d’interactions positives entre bien-être social et intégrité écologique à un endroit en particulier et au cour du temps (d’après Troyer, 2002).
Perspectives de recherches:
Les nombres de données statistiques et de dimensions prises en comptes par les modèles futurs, limiteront forcément les analyses. Malgré cela, une approche spatiale du développement durable permettrait une réactivité plus importante des politiques territoriales. L’enjeu à terme pour la Réunion sera de mener une recherche multidisciplinaire qui sache s’adapter au contexte de l’île en partageant son expérience dans la zone Océan Indien et avec les autres petits territoires et états insulaires.
L’Agenda 21 suggère, en outre, que « les questions environnementales seront mieux maîtrisées avec la participation de tous les citoyens concernés » (UN, 1992, Principe 10). La diffusion de l’information environnementale en direction de la société civile devrait être ainsi la plus large possible. Haklay indique en 2003 que les modèles scientifiques de développement n’interagissent pas encore avec le public, alors que l’accès moyen à l’information a explosé et que dans l’absolu tout le monde est utilisateur et générateur d’information dans le développement durable. Ceci pose la question aux outils d’accès a la citoyenneté dans nos sociétés
Lauer en 2005 nous rappelle enfin que la seule manière dont la nature nous parlera, c’est lorsque nous reconnaîtrons la valeur inhérente de la terre, lorsque les choses pourront se montrer à nous d’elles-mêmes. Et la seule manière pour que ceci puisse se produire passera peut-être par l’expérience phénoménologique, comme l’expérience esthétique qui se trouve dans les particularités de chaque endroit.
Cette recherche sollicitera activement les laboratoires universitaires et les organismes scientifiques de la Réunion (CREGUR, INSEE, CIRAD, IFREMER) ainsi que les organismes publics (DIREN, DAF, la Région et le Département) et les agents de la société civile (associations, citoyens).
L’étude devrait être mise en réseau avec les organismes de recherches français et européens travaillant autour de ces questions.
Bibliographie :
Blowers, A., (1997). Environmental policy: ecological modernisation or the risk society? Urban Studies, 34(5-6), 845-871.
Haklay, M. A., (2003). Public access to environmental information: past, present and future. Computers, Environment and Urban Systems, 27 (2003) 165-180.
IFEN, (2003). 45 indicateurs du développement durable : une contribution de l’IFEN. Réaliser par Cécile Dormoy.
Lauer, D., (2005). Phenomenology of nature. Conférence : « Nature of Space, Art and Environment ». Université d’Islande, 9 juin.
Thériault, M. et Claramunt C., (1999). La représentation du temps et des processus dans les SIG : une nécessité pour la recherche interdisciplinaire, dans « Représentation de l’espace et du temps dans les SIG ». Numéro spécial de la revue de géomatique. Volume 9, 1,p 67.
Troyer, M. E., (2002). A spatial approach for integrating and analysing indicators of ecological and human condition. Ecological Indicators, 2, 211-220.
UN, (1992). Agenda 21. Rio de Janeiro : Nation Unis.v
Ingénérie du non-durable
> Définition wikipedia pour recyclage
Détruire pour consommer toujours plus : … L’obsolescence programmée est étudiée dans les écoles d’ingénieurs des temps modernes. La nature finie du monde ne comblera pas les « besoins » de la croissance à tout prix. qui pourtant se structure : par la publicité, le crédit à la consommation, l’obsolescence programmée et le gaspillage volontaire … même au travers du choix des méthodes de recyclage.
Les maîtres de l’eau
Les Maîtres de l’eau Vidéo intégrale du reportage « Les maîtres de l’eau » diffusé sur Arte debut 2002. Certains passages sont remarquables. Les travaux de V. Schauberger, Plocher , Lauterwasser et du Docteur Emoto (entre autres) y sont présentés.
La Santé : réglementation des chimiques
> Definition Santé dans Wikipedia
Notre poison quotidien : ce documentaire sur la Santé présente comment les produits chimiques qui contaminent notre chaîne alimentaire sont testés, évalués, puis réglementés. Réalisé par Marie-Monique robin (2011)
Hearthling : l’industrie et la nature
Ce film documentaire americain traite de la place de l’homme dans la nature et son action négative sur le monde animal. Aussi puissant que ‘Une vérité qui dérange’ de Al Gore. Il a eu un enorme succes aux USA et remporté de nombreux prix et nominé aux Oscars.
Le narrateur est le célèbre acteur Joaquin Phoenix (Gladiator) et la musique est de Moby. Il y est question notamment de l’industrie et de sa responsabilité dans la cruauté envers les animaux (attention : certains passages sont très durs), comme par exemple la façon abominable dont on exécute les dauphins pour vendre ensuite leur chair, en la faisant passer pour de la baleine, contournant ainsi la loi.
Plus d’infos sur le film : http://www.isawearthlings.com/trailer.html Synopsis : en utilisant des caméras cachées et des images jamais montrées, HEARTLING est une chronique des pratiques des plus grandes industries actuelles, dont les profits dépendent pour toutes – d’une manière ou une autre – de l’exploitation animale.
La naissance de la Terre
Documentaire sur l’origine de la vie de la série Les Mystères de l’univers
Premières Traces de Vie
Cours d’Emmanuelle Javaux, professeur à l’université de Liège, dans le cadre des rencontres exobiologiques pour doctorants, au Teich, Février 2010 : Modes de Fossilisation et Premières Traces de Vie.
Réalisation : Y. Descubes, F. Marmisse, F. Fritche, Service Audiovisuel, DSG, Université Bordeaux 1.
Voyage en cybernétique
Cybernetique voyage, version française, l’histoire du net, de la cybernetique et d’un de ses contradicteurs révoltés.
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